Bois : les exportations du Cameroun augmentent à 140,4 milliards de FCFA en 2024, malgré le durcissement de la fiscalité
Au cours de l’année 2024, les exportations de produits issus de la « sylviculture et de l’exploitation forestière », c’est à dire le bois et ses dérivés, ont généré au Cameroun des recettes d’un montant total de 140,4 milliards de FCFA, en hausse de près de 4 milliards de FCFA en glissement annuel. Selon le rapport 2024 sur les Comptes nationaux, publié par l’Institut national de la statistique (INS), il s’agit du 2è plus gros volume de recettes engrangées par le pays sur ces produits depuis 2019 – soit une période de 6 ans – après les 147,6 milliards de FCFA captés au cours de l’année 2021.
Ces chiffres révèlent que le durcissement de la fiscalité autour de l’exploitation forestière par les autorités publiques camerounaises n’a pas entamé le dynamisme des opérateurs, en dépit des plaintes de ces derniers. En effet, en prélude à l’interdiction d’exporter les grumes en gestation dans la zone Cemac (Cameroun, Congo, Gabon, Guinée équatoriale, Tchad et RCA) depuis quelques années, projet à finaliser en 2028 au plus tard, le gouvernement camerounais a entrepris de surtaxer progressivement les exportations du bois.
C’est ainsi que sur la période 2017-2024, le droit de sortie des grumes a explosé, passant de 17,5% de la valeur FOB de l’essence à 75%. Selon les estimations du Groupement de la filière bois du Cameroun (GFBC), le droit de sortie des bois sciés – produits issus de la première transformation, NDLR – a également augmenté de 165% entre 2016 et 2023. Ces mesures, dont l’objectif est officiellement d’encourager les 2è et 3è transformation du bois dans le pays, n’ont pas toujours été au goût des exploitants forestiers, qui ont d’ailleurs à un moment donné menacé de suspendre les exportations.
« Excellence monsieur le Premier ministre, si rien n’est fait dans le sens de la préservation de notre filière, nous courrons tout droit vers un déluge qui mettra en péril les investissements colossaux de nos entreprises, et nous serons malheureusement obligés à partir du 2 janvier 2023, à observer un mouvement de grève, qui se manifestera de prime à bord par la suspension des déclarations en douane et se poursuivra par une mise en congé technique du personnel en entreprise. Car, nous sommes à ce jour fiscalement étranglés », peut-on lire dans une correspondance adressée au Premier ministre le 23 décembre 2022, par le Groupement de la filière bois du Cameroun, qui revendique 70% des exportations du bois du pays.
Face à cette sortie des exploitants forestiers, le gouvernement fera la sourde oreille. Et la menace de grève proférée par le GFBC ne prospérera pas non plus. Puisque les exportations des bois en grumes et débités se sont poursuivies au-delà du 2 janvier 2023. Ces exportations se sont d’ailleurs intensifiées, si l’on s’en tient aux données révélées par l’INS, l’organisme en charge de l’élaboration de la statistique officielle au Cameroun.
Brice R. Mbodiam
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